Avoir une bonne conception du mariage est important, mais cela ne permet pas de trouver sa moitié. Encore moins de savoir si la jeune fille ou le jeune homme avec qui l’on projette de discuter adoration à deux est la bonne personne. D’où la nécessité de se poser des questions pertinentes.

Célibataire, on s’imagine souvent l’être aimé avec qui on finira ses jours. Et on se dit qu’il sera ainsi et ainsi. Qu’ensemble on ira ici et là, que l’on aura tant d’enfants, que l’on vivra dans telle ville ou tel pays, etc. Bref, on s’imagine son futur foyer à l’aune de ses désirs mais aussi de sa propre conception de la vie et de sa propre conception de l’islam. C’est là une bonne chose. Toutefois, on ne peut s’en contenter.

Si l’on peut dire que le mariage est un long voyage (périple ?), il faut que l’on dise aussi qu’il n’est pas très raisonnable de partir en voyage sans un minimum de préparation. Je ne me rends pas dans le désert, si je ne supporte pas la chaleur. L’altitude m’indispose ? Je ne choisis pas de séjourner en montagne. Je compte faire le tour de l’Afrique ? J’évite de prendre qu’une seule semaine de vacances. Si j’ai peur de l’avion, je voyage en bateau, etc.

De même lorsque je décide de changer ma garde-robe et que je me rends dans un magasin pour y acheter chemises, pantalons, vestes ou robes, je ne me bande pas les yeux d’un ruban épais au moment de choisir. Je prends soin de parcourir les rayons, de toucher la matière et même d’essayer cette chemise, ce pantalon ou cette veste. Bref, je mets en place tout un processus de sélection qui aboutira à l’achat final. Quand bien même l’achat est impulsif, le choix de tel article et non de tel autre répond à ce que nous sommes, à ce que nous aimons, à ce que nous pensons nous aller au mieux.

N’en déplaise aux romantiques acharnés, c’est ainsi que nous procédons tous. Même en amour. On cherche chaussure à son pied et nul ne chausse à l’aveuglette, au risque de s’encombrer d’une godasse qui deviendra très vite indésirable. C’est ainsi que celui qui a procédé avec intelligence à une réflexion sur ce qui lui convient pourra se réjouir de cette union avec celle qui dont il peut dire qu’elle lui va comme un gant. Et cet autre de déplorer que sa moitié lui va plutôt comme une moufle.

Or trouver celle ou celui “qui convient” nécessite un réel effort. Et cet effort commence par un travail sur soi-même. Il faut commencer par se connaître soi-même. D’où la nécessité d’un autoportrait (objet de notre prochain article).

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