La mouqabala est un moment crucial dans la vie de elle et de lui. C’est comme un entretien d’embauche, l’embauche en moins : on a eu quelques infos sur le poste à pourvoir, on a mené sa petite enquête sur l’environnement dans lequel on est suceptible d’évoluer à l’avenir, sur l’entourage et bien entendu sur le partenaire. C’est justement toutes ces informations qui ont laissé penser que se mouqabaler serait opportun. Mais rien n’assure que ça collera.

Il faut pourtant y aller. Il faut se jeter à l’eau. Rude épreuve. On a peur de se noyer, de perdre les pédales. Il faut dire que tout n’est pas clair dans sa tête. Comment donc réussir à parler à un parfait inconnu de soi, de ses projets, de ses désirs, de ses envies, de ses craintes ? Pas étonnant qu’avant la mouqabala ce soit, et dans l’estomac et dans la tête, ça :

Juste me marier

Alors qu’on n’attend plus qu’une seule chose, c’est ça :

Just married

La première règle (cruciale) est de garder la tête froide et si possible sur les épaules. Se laisser submerger par les émotions est dangereux. On risque de mal juger la situation, de ne pas comprendre toutes les questions et réponses de son interlocuteur, de ne pas soi-même formuler au mieux les questions, voire de répondre à côté. Mais, le pire est peut-être de laisser le désir prendre le pas sur la raison et, de fait, d’enjoliver tout ce que l’autre fera, dira, etc. :

  • L’autre affirme qu’il/elle est un peu menteur/se : “pas grave, ça prouve qu’il/elle est malin/e, donc intelligent.”
  • Il/elle coupe systématiquement la parole : “laissons-le/la s’exprimer, il/elle a tellement de choses à dire.”
  • Il/elle n’écoute pas les réponses à ses questions : “quel génie ! il/elle a déjà cerné tout ma personnalité et n’a plus vraiment besoin que je parle de moi.”
  • Il/elle ne veut pas d’enfants : “Et alors ? On peut toujours adopter un chien ou un chat ?
  • Il/elle veut vivre à l’étranger : “Moi, je vais chaque été au bled. Alors quitter la région parisienne pour vivre dans un petit village de Kabylie, sans eau ni électricité, pas grave si je l’aime.”
  • etc.

La liste n’est pas exhaustive. Toutes ces questions sont fondamentales. Aucune n’est à négliger. Pour autant, il n’y a pas de bonnes réponses ni de mauvaises. La bonne réponse est celle qui convient à l’autre, la mauvaise celle qui ne convient pas à l’une des deux parties (nous sommes soit dit en passant dans un cadre licite). Car, à bien y réfléchir, le mariage n’est qu’une question de compatibilité.

(à suivre)

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